Frida

Aujourd’hui dans mon jOurnal, j’amorce le premier article d’une thématique autour de Frida Kahlo.
Pourquoi cette femme, artiste peintre, forte, entière, passionnée ?

  • Parce qu’elle a subit un alitement , une privation de liberté au plus profond d’elle-même. Que cela fait écho à ce que nous avons traversé avec ce confinement (et traversons encore).
  • Parce qu’elle en a tiré un chemin de guérison, une quête d’affirmation à “peindre sa réalité”.
  • Parce qu’elle a été comme un fil d’ariane discret dans la toile de ma vie. Et quoi de mieux qu’un shooting (5 ans d’âge) comme point de départ à cette série ?

Un shot de nature

Le Comment du pourquoi ?

Mon premier shooting “mode” s’est déroulé avec Caroline Arnoult (vous pouvez retrouver une grande partie des photos sur mon instagram).
Pour l’avoir évoqué sur ce réseau social, cette séance photo s’est faite à l’instinct.
“Amène des vêtements colorés et des choses plus neutres et on verra.” J’avais réfléchi à certains accords de vêtements et lorsque j’ai retrouvé Caroline, on a avisé ensemble des tenues qui pourraient fonctionner. Tout s’est fait en expérimentant. On a composé. Ce que j’adore dans ces rencontres artistiques et collaborations professionnelles c’est d’observer la synergie entre différents points de vue, cultures inspirations. On crée, on fabrique ensemble.
Pour le second shooting que je vous dévoile ici, Marion Dunyach, la soeur d’une amie, m’a contacté.
Elle est photographe de mariage principalement.  Elle a aussi fait un tour du monde il y a quelques années et ses photos du voyage sont sublimes. Marion avait vu les photos de mon 1er shooting. Elle souhaitait en faire un d’inspiration (plus édito mode), elle voulait sortir de sa zone de confort et s’essayer à un autre type de photographie. La thématique était Frida Kahlo. Je suis brune, j’étais disponible et partante :
Banco !

Les 4 ambiances colorées ont été shootées dans le même ordre que celui présenté ici.

Le cadre des Serres d'Auteuil

Nous nous sommes retrouvées un jour de semaine en septembre, il faisait beau et chaud. Je rencontrais Sophie Martzloff qui faisait le stylisme pour ce thème. Elle avait surtout créé des coiffes, des couronnes en papier spécialement autour de 4 ambiances colorées.
Je me suis coiffée sobrement et maquillée sur un banc du jardin extérieur. Le but n’était pas de reproduire le célèbre mono-sourcil de Frida, ni ses coiffures fleuries exactes ou ses vêtements. J’ai enfilé la première tenue et nous sommes entrées toutes les trois, dans la grande serre principale des Serres d’Auteuil, le palmarium. C’était la première fois que j’y allais, et quelle découverte ! Je me suis demandée pourquoi je n ‘étais pas venue avant.  La végétation luxuriante, le calme. On a posé ma valise sous une petite table. On ne voulait pas s’étaler et prendre possession de lieux, nous n’avions pas d’autorisation pour shooter dans cet espace.
Nous voulions être discrètes, et les plus respectueuses de ces espaces, des employés et des autres visiteurs afin de réussir à shooter les 4 thématiques colorées dans ces décors. Et nous y sommes arrivées !

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Le déroulé :

Autant vous dire que les premières photos je ne savais pas vraiment quoi faire de mon corps ! Etre dans ce décor, incarner cette thématique “Frida”, et puis pour la première fois, faire un shooting à plusieurs, au milieu du public, et non plus dans la sécurité d’un studio, j’étais un peu crispée 😅!
Marion m’a rapidement mise à l’aise en me disant que c’était tout à fait normal. Le début des séances photos sont toujours un peu délicat. Quand on est pas professionnel.le comme de célèbres mannequins à faire 500 poses pendant 5 min et que l’on est pas tout de suite dedans, c’est une phase d’appréhension. Passé les premières grimaces, les yeux à demi-ouverts ou fermés, les moments où je parle, on arrive enfin à quelque chose !
Le déclic se fait lorsque l’on arrive à se détacher de ce que l’autre pense et juste être concentrée sur sOi et ce que l’on fait. Ce que l’on souhaite montrer à travers son visage, ses expressions, ses poses. L’échange avec le/la photographe est important. Ce feeling est primordial dans la construction d’une image, c’est exactement le travail d’un peintre, le sujet incarne et/ou révèle la vision du photographe.

 

Vis ma vie de Clark Kent

Le pOuvOir de la myOpie

Pour en revenir à cette séance, [aka Sophie qui porte une couronne au milieu des plantes des serres d’Auteuil], ce qui m’a aidé comme pour ma première séance photo, c’est ma myopie ! Et bien oui, il faut bien que cela serve à quelque chose 😁. Je vous explique :
Depuis la primaire je porte des lunettes, mes parents se sont dit qu’ils me manquaient peut-être quelque chose quand ils me voyaient plisser les yeux devant la télé.
Et depuis j’en porte tous les jours, c’est une des premières choses que je fais au réveil. Cela a bien des inconvénients  : la buée lors de changements de températures, la pluie, le poids quand il fait chaud, le fait de basculer sur des solaires à la vue… Bon l’utilité principale contrebalance tout cela. 
Comme vous pouvez le voir sur les photos je n’en portait pas.
Pourquoi ? La question ne s’est pas posée . On savait toutes que cela ne servait pas l’image, du moins l’angle par lequel on abordait cette thématique. Cela parasitait sa lecture.
Il y a beaucoup de connotations autour d’une personne qui porte des lunettes. Comme si cela était déjà une incarnation, une revendication, un “statement”… Est-ce que je ne serait pas en train de digresser sur une analyse du port des lunettes et de sa symbolique ?! Oui Oui, passons.
Bref ! Alors pourquoi enlever mes lunettes est un super pouvoir ? (Non, je ne me transforme pas soudainement en Superwomen), le pouvoir c’est que je ne vois pas précisément. Je suis dans le flou.
Et des fois, voir flou, c’est une bénédiction ! J’ai cette sensation que si je ne perçois pas bien les gens, eux aussi me voient moins bien ! Cela m’enlève le poids du regard de l’autre. Je n’arrive pas à distinguer les expressions sur le visage des personnes à plusieurs mètres de moi. Je m’en détache.
J’arrête de m’observer à travers le regard de l’autre, pour juste être mOi de mon côté.

l'art de la pose, #strikethepose

Le kit de survie pour poser

J’avais bien aimé larticle d’Eleonore Bridge à ce sujet. Le fait d’apprendre à poser. Quand on a du mal avec son image, son profil,  ou lorsqu’on te prend en photo de façon un peu soudaine, c’est souvent un peu l’angoisse. On est pas préparé. Je fais partie de celle qui ont tendance à détourner l’attention, de faire en sorte de faire des poses clichées, exagérées.  Je n’ai pas le talent d’être “naturellement” belle sur les photos. Encore plus quand le photographe est tonton Roger. Certes, la beauté reste subjective. Ce dont je vous parle, c’est de la photogénie naturelle de la personne peu importe les mouvements angles sous lesquels elle est photographiée.  Faire un shooting, c’est aussi ça, avoir des vraies photos avec lesquelles on se sent bien. C’est aussi apprendre des techniques pour être plus à l’aise.  Marion m’a donné de nombreux conseils :

  • Entre-ouvrir légèrement la bouche et coller sa langue au palais (pratique quand on a pas un sourire Colgate, et si on se sait crispée quand on a la bouche fermée)
  • Faire en sorte que les mouvements soient naturels ou amplifiés (comme bouger au ralenti ou comme les poses des magazines de mode, cela aide à se décoincer. Faire un shooting est un exercice  que l’on peut faire sérieusement sans se prendre au sérieux)
  • Etre présent.e dans son corps, dynamique , se redresser, être en tension. ( pour  éviter le corps mou (sauf si c’est voulu ! ))
  • Toujours penser à quelque chose, pour que l’oeil pétille, qu’il soit expressif. (sinon cela ressemblera à l’oeil du poisson pas frais, le regard vide)

J’ai d’ailleurs un bel exemple !

Pour palier à mon oeil mort de fin de séance, la fatigue commençait à se faire sentir au bout de 2h-2h30 de poses,
Marion me lance : Penses à ton copain !
Moi : Je n’en ai pas 😅
Marion : Pense à un acteur, ou autre, alors !
Moi dans ma tête : Ok Bradley Cooper you’re my man 😏

Et cela donne cette photo juste en dessous !

les enseignements de la vie

Ce qu'il me reste

Autant vous dire que la découverte des photos était assez folle. J’avais envie de les montrer à tout le monde tellement je les trouvais belles. Je me suis à moitié reconnue. La lumière et les couleurs sont sublimes. Il y en a certaines que je vais faire tirer sur Papier, c’est sûr. A 80 ans je les regarderais en me rappelant tous ces souvenirs et tout le chemin parcouru depuis.
Même, si je les ai faites il y a 5 ans maintenant, je suis heureuse de les avoir faites, et je suis à l’aise avec ce qu’elles montrent de moi, pas seulement physiquement, mais aussi ce qui se dégage. C’est une petite revanche sur la vie, et mon côté non photogénique naturel. A force de les voir, je me suis aperçu aussi de celles qui “fonctionnaient” mieux que d’autres (la cadrage, la lumière, la pose, le regard), Il y a beaucoup plus que celles montrées ici. C’est un grand terrain d’apprentissage que de faire cette expérience et de pouvoir observer le résultat.

Cela m’a aussi donné l’envie de refaire un shooting autour de Frida mais avec une autre approche, plus intime, plus personnelle. Je souhaite être moins dans une image romancée, qui peut sembler réductrice, que dans ce qu’elle nous propose en tant qu’artiste. Etre moins dans L’INSPIRATION, mais plus dans l’ÉMOTIONNEL.

Depuis ce jour, Frida m’a accompagnée ces dernières années de façon discrète. Tantôt au détour d’une exposition, d’un film, d’un livre, de peintures, et surtout pendant ce confinement . J’avais donc envie de créer quelque chose autour de ce qu’elle m’a apporté, et comme je l’ai mentionné au début de cet article, celui-ci sera le premier consacrée à cette femme, à cette thématique.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Je vous dis à très vite 😉

La photographe talentueuse :  Marion Dunyach ( son site , son instagram mariage et son instagram journal de bord et de  voyages.)

La styliste et créatrice de ces couronnes folles : Sophie Martzloff

Si le DIY des couronnes vous intéresse vous pouvez toujours le retrouver sur le blog de Queen for a day

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